
XVII' siècle
La grenouille et le boeuf
Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant: "Regardez bien, ma soeur; Est-ce assez? dites-moi: n'y suis-je point encore?
Nenni- M'y voici donc? -Point du tout. M'y voilà ?
Vous n'en approchez point."
La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Version du XXI' siècle par Chaboum:
Un goût amer vint sur leur bouche ; de forger aussitôt des pancartes avec leurs lit-nénuphar, et d’y inscrire des slogans choquants : « Crapeau, tu nous rapes la peau déjà ridée ». « Tu miroites goulûment nos cuisses à nous rendre gênées, tu grossis alors que nous on rapetisse. On en a marre ! »
On invita la meneuse grenouille à prendre la parole : « C’est fini l’exploitation, voilà vingt ans que ça dure. Si on se tient les cuisses, nous aussi on pourra se gonfler d’importance et prendre les rennes de l’empire du Crapeau. Allez grenouilles, bombez le torse, encore et encore, faites craquer de fierté vos cages thoraciques : vous pouvez être aussi grosses que le boss.
Placidement, le boss admirait ces exercices de femelles excitées. Il craignait le pire… qui arriva : le torse de ces gonzesses éclata et souilla tout l’étang. Ne restaient sur le rivage que leurs cuisses dodues et délicates.

La conscience - XIX' siècle
Caïn, ne dormant pas, songeait au pied des monts. Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres Il vit un œil tout grand ouvert dans les ténèbres, Et qui le regardait dans l'ombre fixement(...) Nous avons du monde atteint les bornes. -Et, comme il s'asseyait, il vit dans les cieux mornes L'œil à la même place au fond de l'horizon. Alors il tressaillit en proie au noir frisson. - Cachez-moi, cria-t-il ; et, le doigt sur la bouche, Tous ses fils regardaient trembler l'aïeul farouche. Alors il dit : - « Je veux habiter sous la terre Comme dans son sépulcre un homme solitaire ; Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. –« On fit donc une fosse, et Caïn dit : « C'est bien ! « Puis il descendit seul sous cette voûte sombre. Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain… L'œil était dans la tombe et regardait Caïn.

CYRANO DE BERGERAC - XVIII'-XIX' siècle
LE VICOMTE : Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits !...Il s'avance vers Cyrano qui l'observe, et se campant devant lui d'un air fat. Vous.... vous avez un nez... heu... un nez... très grand.
CYRANO : Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !On pouvait dire... Oh ! Dieu !... bien des choses en somme...En variant le ton, -par exemple, tenezAgressif : "Moi, monsieur, si j'avais un tel nez,Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse !"Amical : "Mais il doit tremper dans votre tassePour boire, faites-vous fabriquer un hanap !"Descriptif : "C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap !Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule !" (...)
Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres,Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettresVous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !

LE CANCRE - XX' siècle
Il dit non avec la tête mais il dit oui avec le coeur il dit oui à ce qu’il aime /il dit non au professeur
il est debout / on le questionne et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend et il efface tout / les chiffres et les mots /les dates et les noms /les phrases et les pièges et malgré les menaces du maître / sous les huées des enfants prodiges /avec des craies de toutes les couleurs / sur le tableau noir du malheur /il dessine le visage du bonheur

Si tu t'imagines - XX' siècle
Si tu crois petite si tu crois ah ah que ton teint de rose ta taille de guêpe tes mignons biceps tes ongles d'émail ta cuisse de nympheet ton pied léger / si tu crois petite xa va xa va xa va va durer toujours ce que tu te goures fillette fillette ce que tu te goures / les beaux jours s'en vont les beaux jours de fête soleils et planètes tournent tous en rond / mais toi ma petite tu marches tout droit vers sque tu vois pas / très sournois s'approchent la ride véloce la pesante graisse le menton triplé le muscle avachi / allons cueille cueille les roses les rosesroses de la vie et que leurs pétales soient la mer étale de tous les bonheurs /allons cueille cueille si tu le fais pas ce que tu te goures fillette fillette ce que tu te goures

Interprète
"La plus grave erreur que les gens font est de ne pas essayer
de gagner leur vie en faisant ce qu'ils aiment."
Malcom S. Forbes


2 commentaires:
Ah !!! je comprends maintenant, derrière tous ces mots c'était vous Karl ??? en tout cas les masques sont utiles quand on veut traduire son état d'esprit du moment... Oups, la belle automobile !!! jaune et tout et tout !!!
Tu sais Michelaise, heureusement que l'automobilie n'était pas inventée lors du vécu de ces auteurs d'avant le XIX' siècle. Ils n'auraient probablement pas eu le temps d'écrire.
De mon côté, le spectacle que j'avais présenté il y a un peu plus d'un an comportait une première partie avec masques pour les auteurs ci-haut et une deuxième sans masque avec textes de Karl Chaboum.
Je suis à concocter une première mondiale littéraire... à venir avant la fin de l'été à la même antenne.
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